jeudi 2 septembre 2010

Rock-En-Seine 2010

Intense, emotif, joyeux, musical, riche en expériences : voilà les cinq expressions qui caractérisent à merveille le week-end qui vient de s'écouler. Des comme celui-ci, on en souhaiterait plus souvent.

Première fois que j'assistais à un si grand festival, et sûrement pas la dernière. Depuis lundi, le retour au train-train habituel est assez difficile.

Ces deux derniers jours, le rythme auquel se sont enchaînés les concerts était endiablé : je commence dès samedi avec Chew Lips, groupe que je découvre. La performance devait être, de loin, assis sur l'herbe, assez sympathique, mais debout et près de la scène, l'ennui commence vite à s'installer. Au niveau scènique, ce n'est pas très interessant : beaucoup (trop) de samples préenregistrés lancés tour à tour par les deux musiciens entourant la chanteuse. Cependant, il faut avouer que la musique est assez efficace.
Puis, direction la Grande Scène pour voir la fin du concert de K'Naan. Je suis sur place juste à temps pour le dernier titre, Wavin Flags, qui est aussi le jingle utilisé par Coca-Cola durant la coupe du monde. J'ai été assez surprise dans le sens où je ne pensais pas autant aimer l'aspect que prend ce morceau en live. Finalement, j'aurais peut-être dû privilégier K'Naan aux Chew Lips.

Après une longue pause, je décide finalement d'aller voir Two Door Cinema Club, dans l'unique but d'être bien placée pour Jonsi, qui prendrait le relais après les TDCC. Quelle grosse erreur. Je n'avais pas réalisé que les TDCC étaient un groupe adulé par les ados en ce moment. Inutile de préciser à quel point ces 45 minutes sont passées lentement, entre les cris suraigus d'adolescentes en folie, des bousculades qui ont mis plus d'une personne par terre, et enfin de la prestation du groupe qui s'est révelée être sans grand intérêt. Au moins, je serai plus méfiante l'année prochaine.

D'une certaine façon, cela en valait la peine : en me dépêchant dès que la dernière note du groupe a résonnée, j'ai réussi tant bien que mal à trouver une place au premier rang et juste au millieu pour le concert suivant. Je ne pouvais pas rêver mieux ! Et le fait d'être réstée sur place en attendant le début du concert m'a permis de voir Jonsi faire ses balances. J'avoue que, dès que je l'ai vu, mon côté groupie/fangirl qui sommeillait en moi s'est réveillé. A mon plus grand regret, Jonsi a rencontré des problèmes de logistique : tout son matériel éléctronique est resté bloqué au Portugal. Resultat : un concert accoustique organisé à la place et un public privé de la setlist habituelle, en particulier de Grow Till Tall et Sticks & Stones, titres que j'attendais le plus. Jonsi et ses musiciens nous ont malgré tout livré un set formidable. Jonsi a vraiment la voix d'un ange, ce que l'on entend sur ses CD est loin d'être du bluff.

Enfin, dernier concert de la journée : Massive Attack. Je suis sortie du concert complètement déboussolée. Ce groupe est vraiment formidable à voir sur scène. Sans parler du coup de foudre que j'ai eu pour Horace Andy (son interprétation de Girl I Love You m'a coupé le souffle) et Martina Topley Bird. Quelle joie de se dire qu'après une telle journée qui s'achève, cela recommence de plus belle le lendemain.


Dimanche, c'est reparti, et je commence avec The Temper Trap. Leur premier album est vraiment bon, et vaut également le détour sur scène.

J'enchaîne avec Eels, que je ne connaissais que de nom. Grosse décéption, je me suis ennuyée à mourir. Je n'ai rien à reprocher au set, je crois que ce n'est juste pas mon style de musique.

Puis arrive Beirut avec son leader Zach Condon. Très beau concert, mais quel dommage que Nantes soit arrivée première dans la setlist ! Et je persiste à croire que Beirut n'est pas taillé pour ce genre de scène.

Après le repas, direction les Ting Tings. Je suis fière de moi : j'ai réussi à supporter la voix de la chanteuse pendant une heure entière ! Ca relève d'un exploit. Ceci dit, il faut avouer que je me suis bien amusée, mais ça ne va pas plus loin.

Enfin, pour finir, LE groupe que tout le monde attend (je ne compte même pas le nombre de T-shirts à l'effigie du groupe que j'ai apperçu ...) : ARCADE FIRE. Oh. Mon. Dieu, malgré les 15 personnes au mètre carré et la longue attente, je n'ai jamais autant apprécié un concert ! C'était de la folie, tout le monde chantait en choeur et dansait. The Suburbs, le nouvel album, est vraiment fabuleux ! Et Ready To Start est vraiment un bon choix pour l'ouverture du concert. Sans parler de No Cars Go, qui est vraiment mon titre préféré. Dommage que le concert ait été écourté à cause de la pluie. J'ai été déçue de ne pas entendre le duo Power Out/Rebellion qui, à mon goût, est le clou du spectacle. Ceci dit, nous avons malgré tout eu le droit à Wake Up en accoustique, et ce moment restera à jamais gravé dans ma mémoire. Et je n'ai jamais autant été inspirée par un concert. J'ai passé la matinée à écrire, écrire, écrire tout ce qui me passait par la tête. Au final, voilà ce qu'il reste :

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Dimanche 29 août 2010. Pelouses du parc de Saint-Cloud. 22H00. Alors que la foule est de plus en plus dense en vue de l'apparition imminente du groupe qui cette année clôt le festival Rock-En-Seine, l'ambiance est, à quelques mètres de la scène, effervescente. Malgré un entourage composé de personnes en provenance de l'Europe entière, on devine aisément par-delà les barrières linguistiques le bouillonnement qui règne face à la scène désormais brillante sous le feu des projecteurs et aux vibrations qui s'intensifient.


Pour cette huitième édition du festival, c'est le groupe candien Arcade Fire que l'on voit monter sur scène pour mettre un point final à ces trois jours entièrement dédiés à la musique. Ceux-ci assurent ce soir-là un grand retour au devant de la scène avec la sortie récente de leur dernier opus, The Suburbs. Pourtant, dès le premier titre interprété, Ready To Start, le public s'emballe instantanément et chante à l'unisson sur ce qui semblait presque tout à coup être un titre culte datant de plusieurs années. Le groupe nous offre ensuite un florilège de titres plus anciens, très populaires auprès du public qui s'agite et rugit de bonheur. A ce stade, lors d'une pause entre deux titres, je reprends mon souffle et réalise la fureur et l'engouement qui se sont emparés de mon entourage et de moi-même en seulement quelques poignées de minutes, paradoxalement presque dignes d'un final. Mais cette prise de conscience est vite interrompue par le cri unanime qui émane soudainement lorsque l'air reconnaissable parmi tous de No Cars Go résonne. Pendant cinq minutes, cet air qui a inlassablement rythmé mon année, a généré un sentiment de surprise et de joie démesuré presque équivalent à celui ressenti lors de ma première écoute du titre. Une sorte de baptême, car jamais auparavant je n'avais éprouvé une telle sensation à un concert. S'en suivent une série de titres issus du dernier album qui semble définitivement convaincre le public de son efficacité. Des nouveaux titres qui prennent donc une dimension époustouflante sur scène, à tel point que l'on ne s'aperçoit pas de l'arrivée de nuages menaçants, jusqu'à ce que commencent à tomber quelques fines gouttes de pluie qui se transforment peu à peu en véritable déluge.

Pourtant, au lieu de refroidir l'atmosphère, l'effet fût inverse : sous la pluie, le public s'est enflammé pour ne plus former qu'un brasier humain sous les riffs déchaînés de We Used To Wait.


Manque de chance, le déluge était tel que la scène était littéralement inondée, ce qui provoqua l'interruption du concert. Mais après une dizaine de minutes où les cris imploraient Win Butler et sa bande de revenir, ce qui devait arriver arriva. Avec quelques guitares et percussions en mains, ces têtes désormais familières réapparurent sous les applaudissements des personnes encore présentes. Des accords se firent entendre. Un tambourin. Et Wake Up fût. Sous le déluge, des milliers de personnes entonnèrent à plein poumons le célèbre refrain pour ne former plus qu'une. Alors, Arcade Fire sauveur des eaux ? Ce soir-là, oui.