Samedi soir je suis allée voir Emilie Simon au Casino de Paris. Jour J.
Ah, qu'est-ce que je l'ai attendu ce samedi 16 janvier.
Samedi matin, je me suis réveillée avec un sourire grand comme ça. Non seulement j'allais voir Emilie Simon en concert, mais en plus, j'y allais avec Marianne, ma meilleure amie, qui était encore loin de se douter de la soirée qui l'attendait. Mon super-parrain était aussi de la partie.
Je l'avoue, j'étais plus excitée par le fait de voir la réaction de Marianne quand elle découvrirait la surprise, plutôt que de voir Emilie Simon, qui m'avait malgré tout un peu déçue avec son dernier album. Même si celui-ci reste malgré tout très bien dans l'ensemble.
Après une longue attente dans le froid et sous la pluie (note pour moi-même : ne plus JAMAIS remettre des chaussures en toile pour aller passer une durée indéterminée dehors en plein hiver. La pluie pourrait pointer le bout de son nez), les portes se sont enfin ouvertes.
Quelques minutes plus tard, la première partie commence avec Paco Volume. Connaissant déjà quelques titres, pour en avoir entendu parler sur Les Inrocks, je fus assez satisfaite de leur performance, malgré quelques problèmes de balance (on n'entendait à peine la voix de Paco).
Le temps s'écoule rapidement, et Emilie Simon finit par nous être dévoilée après un magnifique lever de rideau. Avec sa veste à épaules (très) bouffantes, on ne pouvait pas la manquer. Comme lors de ses concerts en Province, elle ouvre avec The Devil At My Door, qui est le titre que je préfère de son dernier album. Sur scène, la chanteuse n'est accompagnée que de deux musiciens : un batteur et un bassiste/contrebassiste. Cela implique donc que beaucoup de sons sont pré-enregistrés. Sur The Devil At My Door, toutes les parties de cuivre ont été faites par le synthé. Pour cet aspect-ci, dommage, j'aurais été curieuse de voir le résultat avec des vrais cuivres sur scène, mais la performance est restée superbe.
J'ai été peu enthousiasmée par les 15 minutes qui suivirent. Cela est sûrement dû au fait qu'elle a enchaîné à ce moment-là tous les titres qui me mettent en froid avec son dernier album (Dreamland, Nothing To Do With You, et surtout Fools Like Us).
Mais arrive Opium. Cela vaut le détour, rien que pour voir ce qu'Emilie Simon sait faire avec son Tenori-On. J'avais déjà été fortement impressionnée par cette boîte à rythme lors de sa Black Session, donc j'attendais ce moment avec impatience. Je l'avoue, je crève d'envie d'apprendre à me servir du petit Tenori-On. Et pour la 2e fois, le voir rester seul sur la scène avec les autres instruments à la fin du concert me donne des envies de vol (on le débranche, on le glisse sous son pull et hop ! Le tour est joué. Ou pas). Oui, juste pour information, l'engin coûte environ 900 dollars. D'où cette mauvaise pensée.
Emilie enchaîne avec Chinatown, et j'ai été subjuguée. Moi qui n'aime pas, mais alors vraiment pas cette chanson au départ, les bras m'en sont tombés. L'interprétation live n'est pas très éloignée de la version du disque, mais pourtant, cela donne une autre dimension (bien plus appréciable) à la chanson. Cela m'a plus que troublée et j'ai même depuis réessayé d'écouter la chanson. Rien à faire, j'en suis toujours au même stade : ce titre ne me plaît pas. Et pourtant, qu'est-ce que je l'ai aimé samedi. Un des meilleurs moments du concert. C'est troublant.
The Way I See You, Fleur De Saison, Flowers, que de très belles interprétations (mention spéciale pour Flowers, très jolie sous sa robe tango).
Puis, Emilie Simon nous annonce qu'elle et ses musiciens vont interpréter un titre qu'elle n'a pas chanté depuis longtemps. Elle en avait trop dit. Ou pas assez. Le suspense s'est emparé de l'assemblée et occupait chaque petit recoin de la salle. Un long silence s'est également installé, jusqu'à ce que l'on entende les premiers accords de To The Dancers In The Rain. Pour une surprise, c'était une surprise, je ne m'attendais pas du tout à cela. Et en effet, Emilie ne l'avait pas sortie du grenier depuis au moins 4 ans. Et puis, le clou du spectacle, Emilie quitte son synté auquel elle était restée accrochée durant toutes les dates qu'elle avait effectué auparavant en Province. Et toc. Comment dit-on déjà : Parigots têtes de veau ?
Closer, The Cycle, puis Song Of The Storm, tiré de La Marche de l'Empereur. J'ai un gros faible pour ce titre, et pourtant, j'ai été déçue. Pourquoi, je n'en sais rien, peut-être à cause du synthé qui a remplacé la guitare (Trop de synthé tue !).
Encore deux titres (Rainbow et Ballad), et Emilie s'avance avec ses musiciens sur le devant de la scène pour un salut.
Ah Emilie, tu ne m'auras pas, je sais très bien que tu fais tout le temps des rappels.
Bingo, Emilie revient, seule, et commence à susurrer les premiers mots de Désert, titre phare de son premier album.
Ses musiciens reviennent, Emilie s'avance de nouveau au devant de la scène tandis que parvient à mes oreilles la douce mélodie de Lise. J'ai fondu, je fonds et je fonderai toujours lorsqu'elle a chanté/chante/chantera l'histoire de Lise, fille qui fait tout à l'envers sous ces airs de marquise. J'ai assisté à trois concerts d'Emilie Simon, dont deux où elle a interprété Lise. Si c'est pas de la chance, ça, hein ? Parce qu'il faut le dire, depuis 2006, elle n'est pas beaucoup sortie du placard, Lise.
Quand j'entends Rocket To The Moon, je ne peux que continuer mon ascension vers la Lune.
This Is Your World prend le relais, et là, comme disent les d'jeuns, ça "déchirait grave". Pas de réel engouement pour cette chanson en temps normal, et pourtant ...
Retour à la réalité, les lumières se sont de nouveau allumées.
En partant, je récupère la setlist, regarde la scène une dernière fois (et le petit Tenori-On tout seul ...), témoigne de ma satisfaction globale du concert à Marianne, tout en ne pensant qu'à une chose :
J moins combien ?