samedi 15 octobre 2011

Wounded Rhymes

    


    Y'a-t-il un jeu de mot intentionnel dans le nom de scène que s'est choisie la suédoise Li Lykke Timotej Zachrisson - à vos souhaits - ? En danois, lykkelig signifie joie ou heureux. Assez paradoxal quand on pense à quel point Lykke Li pénètre dans les profondeurs de la mélancolie avec Wounded Rhymes - au passage, avant même l'écoute, rien que l'artwork du LP donne un aperçu de l'ambiance générale. Mais après Youth Novels il y a trois ans, Lykke Li impressionne de nouveau, et dans un registre où on ne l'attendait certainement pas. 


Dès le premier titre, le ton est donné : les jours des doux airs de Little Bit et Dance Dance Dance sont désormais bien loins. La petite voix fluette que l'on connaissait s'est volatilisée pour laisser place à une voix martelée pleine d'assurance au timbre nettement plus grave. L'ouverture sur Youth Knows No Pain est déstabilisante, de par la découverte de cette voix métamorphosée et surtout, ces percussions sèches omniprésentes et le vers récurrent So come on honey, grow yourself to pieces/give yourself completely, And do it all, although you can't believe it ont clairement des airs de rébellion. Dans la même lignée, on retrouvera Get Some, explosif au possible et véritable réussite, ou Rich Kid Blues






    Révolté, obscur, pour sûr des caractères manifestes de Wounded Rhymes, mais ce n'est pas si simple, et c'est là tout l'intérêt de cet album. A ces trois titres féroces se mêlent habilement des mélodies plus douces (Love Out Of Lust, Sadness Is A Blessing), parfois mises complètement à nu (Unrequited Love ou I Know Places, et son final instrumental quasi-orgasmique). Alors, après la tempête, le calme ? Pas vraiment, le coup de grâce reste à venir. Wounded Rhymes s'achève sur un doublé bouleversant avec l'enchaînement de Jerome et Silent My Song, deux titres plein de détresse qui résonnent comme des complaintes : la mise en avant des choeurs, le mode mineur, les textes déchirants, tous les clichés sont là, c'est vrai, mais c'est diablement efficace : on ne ressort pas indemne de ce final.


    Encore une fois, la suédoise excelle et atteste de la richesse qui émane de la scène indépendante scandinave ces dernières années. Des rhymes, on en redemande encore, déboussolante et brillante Lykke Li.


    

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